UN COUP DE POUCE POUR LES PARENTS

Apprendre les tables de multiplication avec des appuis concrets

Partez des tables vues en classe, montrez les groupes égaux, puis travaillez quelques résultats avec des cartes et des calculs d’appui, sans course au chrono.

6 min de lecture environ Mis à jour le

Rédaction : Carnet Curieux.

Commencer par quelques résultats qui ont un sens

Pour apprendre les tables à la maison, reprenez d’abord celles qui sont travaillées en classe. Choisissez quelques produits que votre enfant hésite à retrouver, représentez-les, puis essayez de répondre sans le modèle. Gardez un moyen de vérifier. L’objectif est de disposer progressivement de résultats connus et de chemins pour retrouver ceux qui manquent, sans promettre une table acquise en un soir.

Réciter « trois, six, neuf… » peut être un point de départ, mais cela ne montre pas à lui seul que votre enfant retrouve 7 × 3 ou le nombre manquant dans 3 × ? = 18. Le programme de mathématiques du cycle 2 prévoit différentes formes de questions. À la maison, prolongez l’entraînement demandé par l’école ; si le sens de la multiplication n’est pas compris, demandez à l’enseignant quel support reprendre avant de multiplier les questions.

Construire un produit avec un rectangle de points

Sur une feuille quadrillée, dessinez 3 rangées de 4 points. Demandez combien il y a de points en tout. Votre enfant peut compter, puis vérifier 4 + 4 + 4 = 12. Écrivez 3 × 4 = 12 à côté du rectangle. Pointez les rangées et les points de chaque rangée pour relier le dessin aux deux facteurs.

Tournez la feuille : on voit maintenant 4 rangées de 3 points. Le nombre total n’a pas changé, donc 4 × 3 donne aussi 12. Le rectangle permet de vérifier cette propriété sur un exemple. En général, échanger les deux facteurs conserve le produit ; dans un problème, il faut tout de même expliquer lequel désigne le nombre de groupes et lequel leur contenu.

Ajoutez une rangée de 4 points au premier dessin : 4 × 4 = 16. Vous avez ajouté 4 points, pas 1. Si votre enfant répond 13, reprenez le dessin et demandez de montrer ce qui vient d’être ajouté. Il n’est pas nécessaire de compléter toute la table pour discuter de cette erreur.

Retrouver un résultat à partir d’un résultat connu

Choisissez un appui réellement connu de votre enfant. S’il sait que 5 × 6 = 30, il peut retrouver 6 × 6 en ajoutant un groupe de 6 : 30 + 6 = 36. Il peut représenter les cinq groupes d’une couleur et le groupe supplémentaire d’une autre. Le dessin sert à vérifier l’ajout avant de s’en passer.

S’il connaît les doubles, 4 × 7 peut se retrouver en doublant 2 × 7 : 14 + 14 = 28. Pour 9 × 4, on peut partir de 10 × 4 = 40 et retirer un groupe de 4, ce qui donne 36. Utilisez une seule de ces pistes au début. Accumuler des astuces nouvelles peut rendre une petite question plus compliquée qu’elle ne l’était.

Dites « Quel résultat voisin connais-tu ? » plutôt que « Tu devrais le savoir ». Si aucun appui ne vient, montrez-en un avec les groupes. Retrouver 36 grâce à 30 + 6 est une réponse expliquée ; elle peut accompagner le travail de mémorisation sans que chaque essai devienne une épreuve de vitesse.

Fabriquer un petit jeu de cartes vérifiable

Découpez quatre morceaux de papier. Au recto, écrivez par exemple 4 × 3, 4 × 4, 4 × 5 et 4 × 6 ; au verso, respectivement 12, 16, 20 et 24. Ajoutez au besoin un rectangle de points ou un calcul d’appui au verso. Vérifiez les deux faces ensemble avant de commencer : une carte erronée entraînerait une mauvaise réponse.

Mélangez les cartes. Votre enfant choisit une réponse, puis retourne la carte pour vérifier. Mettez d’un côté celles qu’il retrouve sans aide et de l’autre celles pour lesquelles il veut garder un appui. Après une erreur, reconstruisez le produit, puis revenez à cette carte après une autre question. Le but n’est pas de la lui redemander dix fois de suite jusqu’à épuisement.

Lors d’un autre petit moment disponible, mélangez un ou deux produits déjà connus avec ceux qui demandent encore un appui. Distinguez « rappelé directement », quand le résultat vient de mémoire sans refaire le calcul, et « reconstruit », quand l’enfant le retrouve avec un dessin ou une stratégie, même sans aide adulte. La reconstruction est un appui utile ; l’objectif est aussi de mémoriser progressivement les résultats pour les rappeler directement. Retirez le modèle quand il n’est plus nécessaire, sans imposer de chronomètre. Ces mentions décrivent l’essai du jour ; elles ne sont ni une note ni un classement des capacités de l’enfant.

Varier la question sans changer tous les nombres

Pour le même produit, demandez « 4 × 6 = ? », puis « 6 × 4 = ? », puis « 4 × ? = 24 ». Dans la dernière question, il faut retrouver 6 et non répéter 24. Reprenez le dessin des 24 points répartis en 4 rangées de 6 si la place du nombre manquant déroute votre enfant.

Ajoutez une mini-situation : « Quatre pochettes contiennent chacune six cartes. Combien y a-t-il de cartes ? » La réponse est 24 cartes. Puis demandez « Avec 24 cartes, combien de pochettes de 6 peut-on remplir ? » : 4 pochettes. Quelques variantes suffisent. Si l’histoire n’est pas comprise, revenez à la représentation ; ce n’est plus seulement un produit à mémoriser.

Quand les résultats sont plus disponibles, la fiche Les provisions de Pico permet de les utiliser dans un partage ou des paquets. Si c’est le choix du calcul qui bloque, notre guide pour choisir une opération dans un problème traite cette autre étape.

Quand les erreurs reviennent

Votre enfant récite bien mais doit repartir du début pour trouver un produit ? Limitez les cartes à quelques résultats et posez-les dans un ordre varié, avec un appui visible. Il confond 6 × 7 et 6 + 7 ? Dessinez 6 groupes de 7 points d’un côté, puis un groupe de 6 et un groupe de 7 de l’autre : les deux écritures représentent des quantités différentes.

Il donne un résultat voisin, comme 28 au lieu de 32 pour 4 × 8 ? Comparez 4 groupes de 7 et 4 groupes de 8 : il manque un point dans chacun des 4 groupes. Il connaît le résultat un jour et hésite le lendemain ? Reprenez le même appui et observez plusieurs essais à des moments différents avant de conclure qu’il faut tout recommencer.

Au CE1 et au CE2, suivez la progression et les écritures utilisées en classe. Au CM1 ou au CM2, on peut encore consolider un produit précis sans refaire toutes les tables. Si les séances tournent au conflit, arrêtez le jeu et demandez à l’enseignant quels résultats et quelles représentations reprendre. Aucun nombre fixe de cartes, de minutes ou de jours ne convient à tous les enfants.

Les sources de cet article

Retrouvez les documents utilisés pour cet article ci-dessous.

Signaler une erreur ou une difficulté
POUR PASSER À L’ACTIVITÉ

On essaie ensemble ?

Une fiche à imprimer, un indice si besoin et un corrigé pour comprendre.

Toutes les activités